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SOCIAL/LUTTES


Dreux : « Hôpital en danger ! »


Forte mobilisation pour le défendre




     Jeudi 25 février, à 17h, il y avait affluence devant le Centre hospitalier de Dreux : personnels, syndicats FO, CGT, UNSA, patients et soutiens du service public de santé. Entre 600 et 800 personnes ont parcouru le chemin qui sépare l’hôpital de la Sous-préfecture, au rythme soutenu de slogans et de chansons. Les pancartes et banderoles affichaient les exigences multiples qui fondent le mécontentement récurrent des manifestants : l’hôpital est en danger !

Le diaporama

     Les syndicats alertent depuis de nombreux mois, ayant dû faire face à une réorganisation des services, des non-remplacements, des départs de médecins, la fermeture de plus de 30 lits. Une nouvelle décision de la directrice, Carole Festa, avec l’accord de l’ARS (Agence Régionale de Santé) a mis le feu aux poudres : il est demandé aux 500 agents  concernés, dont les personnels soignants, le retour à des journées de 7h15 au lieu des 12h suivies d’une période de repos, horaire dérogatoire qui leur avait été imposé il y a dix ans pour cause de manque de personnel. Cette mesure autoritaire a été la « goutte d’eau qui a fait déborder le vase » affirment les salariés qui tiennent à dresser le tableau complet des difficultés du secteur.

     Certes, un retour en arrière en matière d’horaires de travail compliquerait leur vie personnelle qu’ils ont organisée autour de cette contrainte des journées de 12 h, et beaucoup sont persuadés que venir au travail chaque jour ne sera pas moins pénible. Pour Céline, aide-soignante, l’aggravation des conditions de travail et de vie a un retentissement sur la qualité de la prise en charge et sur la sécurité des patients.

 

     Pour Marc, militant de l’USD Santé de la CGT, l’objectif principal de ces mesures est de faciliter le non-remplacement et la suppression de postes, objectifs purement comptables, bien dans la ligne de ce qu’attend la Loi de modernisation de la Santé dite loi Touraine. Il dénonce cette politique de réduction des dépenses publiques qui permet de financer le Pacte de Responsabilité, offrant 50 milliards d’€ aux entreprises dont 10 milliards sont pris sur la santé et 11 sur la Sécurité Sociale.

     Franck, militant FO, estime que « l’on est en train de démonter l’outil de travail », que des postes ont été supprimés et « des unités qui étaient expertes dans leur domaine n’ont pas été renouvelées par la nouvelle direction ». Sébastien, infirmier, a de grandes craintes pour l’avenir si 648 postes doivent être supprimés dans la région Centre, les solutions de reclassement des personnels seront de plus en plus difficiles et la pression du travail plus grande.

 

     Selon Didier, « on est arrivé à un point de non retour », « Après des suppressions de lits, un déficit qui explose, on est en train de nous enfumer ». L’objectif est la rentabilité, ce qui amène les agents et les soignants à travailler à flux tendu, « le patient n’est plus au cœur du projet ». Cette analyse trouve un écho dans les propos d’Agnès, professeur des écoles, venue soutenir les hospitaliers et défendre le service public de santé parce que « la santé est un droit inaliénable lié à la démocratie, à la République, gagné de haute lutte par nos aïeux ». Elle explique que « lorsque les élèves ne sont pas soignés, ils ne travaillent pas, ils ne peuvent pas grandir harmonieusement » et elle refuse la logique du système qui est celle de la privatisation grandissante. [Voir encadré ci-contre]

     Avec les Groupements Hospitaliers de Territoires (les GHT que la nouvelle loi met en place) l’hôpital de Chartres sera l’établissement support et les autres hôpitaux du département vont voir se fermer certains services, pour éviter les « doublons ». Aux yeux des syndicats, ces GHT sont de véritables outils de destruction du service public hospitalier, puisqu’ils s’inscrivent dans une logique de réduction des coûts de santé et s’ouvrent à des Groupements de Coopération sanitaire (GCS)qui permettront l’entrée du secteur privé lucratif dans le GHT.

      Cette manifestation faisait suite à plusieurs actions de sensibilisation de la population qui ont porté leurs fruits, menées par une intersyndicale unie. En particulier, une pétition a été signée par 9000 personnes en une semaine dans l’agglomération drouaise. Les salariés n’ont pas dit leur dernier mot.