NOGENT-LE-ROTROU : LYCÉENS DEBOUT !
POUR LE RETRAIT
DE LA LOI EL KHOMRI
Jeudi 19 mai : des lycéens de Rémi-Belleau ont décidé d’appeler leurs camarades à discuter devant le lycée de la loi Travail et de l’utilisation de l’article 49.3 par le gouvernement en mal de majorité. Toute la matinée, environ 150 lycéens ont participé à des discussions, certains ayant choisi de manquer les cours. L’accord s’est fait sur un appel à manifester dans les rues de la ville le lendemain. Des banderoles et des pancartes ont été réalisées.
Vendredi 20 mai : les lycéens étaient plus de 150 à 10h devant Rémi-Belleau. Près d’une cinquantaine d'élèves du Lycée des Métiers Sully les ont rejoints sur le parcours. Ils vont défiler jusqu'à la place Saint-Pol d’un pas vif, le cortège serré scande des slogans appelant les leurs camarades à rejoindre le mouvement : « Lycéens debout, la manif est près d’chez vous » et à refuser une loi injuste dans une société qui l’est tout autant. Des Nogentais étonnés semblent observer ce dynamisme avec intérêt.
Plusieurs militants de la CGT et quelques membres de Nogent Debout accompagnent les jeunes manifestants, avec leur accord. La voiture sono de la CGT assure l’animation musicale du défilé et du rassemblement qui suit sur la Place Saint-Pol.
Quelques prises de parole de lycéens pour rejeter « la loi travail et le 49-3 », évoquer « la dictature du pouvoir » et dire que les casseurs dont parlent à l’envi les grands médias n'ont rien à voir avec le mouvement pacifique contre la loi. En quelques mots un membre de Nogent Debout a rappelé le danger de cette loi qui précariserait l’emploi des salariés et futurs salariés et une autre participante de ce mouvement a informé les lycéens des prochains rendez-vous nationaux annoncés par l’intersyndicale (le 26 mai, le 14 à Paris, une votation citoyenne en juin) tout en insistant sur leur totale autonomie quant à leurs formes d’action.
Le gouvernement doit entendre l’appel conjoint des manifestants qui dans tout le pays ne se laissent pas décourager : ce projet de loi qui mettrait en place les mesures attendues par le grand patronat pour faciliter les licenciements et continuer de réduire les droits sociaux n’est pas amendable. Les quelques reculs opérés l’ont été sous la pression des manifestations et devant la détermination des organisations syndicales, lycéennes et étudiantes, en particulier. Quant à l’usage du 49.3, il traduit l’affaiblissement du pouvoir, l’isolement du gouvernement Hollande-Valls et de sa ministre El Khomri. Comme pour le CPE, en 2006, l’action unie peut venir à bout de cette loi scélérate.