ENSEMBLE FORUM 28

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Vendredi 10 juin, Emmanuel Macron, le sémillant ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, est venu à Thiron-Gardais inaugurer, flanqué d’Audrey Azoulay, la ministre de la culture,  le musée privé du présentateur vedette de la télévision publique Stéphane Bern.


Cette visite n’a été connue que l’avant-veille et  encore pas par le média monopoliste du département, l’Écho républicain. Celui-ci avait, au contraire, soigneusement caché à ses lecteurs cette venue, à tel point qu’il n’en faisait pas mention le jour-même de l’événement ! En cela il suivait servilement la stratégie des ministres qui, sur leurs sites internet, ne mentionnaient, sans horaire, qu’un déplacement « en Eure-et-Loir ».  Annoncés, des « détails à venir » ne sont jamais… venus  (site du ministère de l’Économie et des Finances), « un communiqué-programme … diffusé ultérieurement » n’a jamais été… diffusé (site du ministère de la Culture) !


Mais que craignaient donc nos habituellement si communicants ministres ? Il faut sans doute croire que les mésaventures récentes à Lunel ou à Montreuil de l’homme au costard avaient refroidi les ardeurs. Pas sans raisons puisque le matin même de la visite à Thiron, il avait dû sortir de la gare de Nancy par une porte détournée pour éviter le comité d’accueil de 200 manifestants réuni par la CGT locale et que, durant son intervention au Forum mondial des matériaux, il a été interrompu par un  militant  qui a tenté de lui remettre un bleu de travail




THIRON-GARDAIS,

CHASSE GARDÉE

DE BERN, MACRON ET AZOULAY

Photomontage MetroNews


Rabroué, il persévère



L’Écho républicain se faisait un bonheur de pouvoir une nouvelle fois consacrer deux pages à son idole (2 pages le 8/02/2015, 2 pages le 28/02/2016, 2 pages le 5/06/2016, sans parler des photos et vidéos de son site internet) à l’occasion de la venue de deux ministres de la Hollandie.


Las ! L’Écho, qui ne trouve rien à redire au bradage (« 350.000 €, le prix d’un studio parisien » nous dit M. Bern) d’un bien patrimonial pourtant acquis en 2005 par le Conseil général,  se rebelle contre la confiscation des images de la soirée par une agence de communication « à la demande des ministres ». Photos que l’on retrouvera sans doute sur papier glacé, payées au prix fort, dans Gala ou Paris-Match.


L’Écho a refusé de payer, bravo ! En tire-t-il pour autant la leçon qu’il vaut mieux garder la distance et l’esprit critique vis-à-vis des people installés en Eure-et-Loir ? Que non ! Le 13 juin, deux pages consacrées au « prince Jean », héritier de la dynastie des Orléans ! Le quotidien titre « Il est proche des gens et tutoie ses enfants » ! Et puis, il dédouane Stéphane Bern qui « lui reste » dans le département… L’unique journal départemental continuera donc à faire gratuitement la promo des qualités de Steph et de son musée perso.


Pourtant, en terre percheronne, les ministres et le fou du roi, ont pu tranquillement, dans un entre-soi de « 70 personnalités triées sur le volet » dont « un aréopage d’élus et de personnalités euréliennes » (dixit l’Écho) faire la fête toute la soirée (le stationnement était interdit sur la place de 13 h. à minuit). Cela sous la protection d’« un dispositif de sécurité important » remarqué aussi à la sortie Luigny de l’autoroute. Les ministres de la République ont eu le loisir de féliciter le maître des lieux et le président du Conseil départemental qui, faute d’argent public, cède le patrimoine à la sphère privée.


Il est regrettable que, en pleine lutte pour le retrait de la loi El Khomri, aucune  manifestation publique n’ait pu interpeller le ministre Macron, auteur de plusieurs lois destructrices des droits des salariés. La demande  du collectif d’Ensemble !-28 d’une réunion de toutes les forces syndicales et politiques opposées à la loi Travail pour envisager une action commune n’a pas reçu de réponse collective favorable. Finalement, les seuls à ne pas baisser les bras ont été des militants de Nogent debout et de la FSU qui ont, le matin du grand raout de l’oligarchie médiatico-politique, distribué dans toutes les boîtes à lettres de Thiron-Gardais un tract explicatif sur la loi Travail et appelant à la manifestation du 14 juin.