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SOCIAL/LUTTES

La réunion du Conseil départemental du 27 juin a eu lieu à huis clos


L’avis du SNUTER-FSU, syndicat majoritaire chez les agents


      Nous avions interviewé Dominique Chéron-Prier, co-secrétaire du SNUTER-FSU, avant la tenue du Conseil départemental du 27 juin qui devait statuer sur les futurs horaires de travail des agents des services départementaux. Il nous a semblé utile de retourner lui demander l’avis de son syndicat après cette réunion qui a revêtu un caractère inhabituel du fait de la mobilisation de très nombreux salariés dans l’hémicycle de l’Assemblée départementale.

ensemble.forum28.net (E!F28.net) : Comment s'est passée la séance du Conseil départemental à laquelle les syndicats avaient convié les personnels ?


Dominique Chéron-Prier (D.C.-P.) : Dans le cadre de la mobilisation des salariés du Conseil départemental contre le futur règlement du temps de travail, la cinquième manifestation avait lieu le 27 juin dernier. Quelque 150 agents ont investi l’hémicycle avant le début de la séance prévue, dans le but de faire entendre aux élus leur refus de voir appliquer ce règlement qu’ils jugent injuste. Les élus, sourds depuis six mois à leur revendication portée par nos organisations syndicales, ont démarré la séance en feignant d’ignorer leur présence. Devant l’indignation des agents, le Président a fait voter le huis clos. Face au refus des manifestants d’abandonner le dernier espace possible où faire entendre leur voix, les élus se sont finalement repliés vers l’Eurélium, suivis par les salariés. Certains élus, visiblement un peu agacés, ont commencé à jouer des coudes et à pousser les manifestants qui tentaient d’entrer à l’intérieur de l’Eurélium. Ces réactions ont, vous l’imaginez, été assez mal vécues par les salariés qui, à nouveau, ont senti l’absence totale de volonté de dialogue.

 

E!F28.net : Connaissez-vous la teneur des votes qui ont eu lieu à huis clos concernant vos horaires et conditions de travail ?


D.C.-P. : Le règlement a dû être voté tel qu'il nous avait été présenté ! La seule inconnue réside dans le vote des deux Conseillers départementaux divers gauche.

 

E!F28.net : Les élus ont-ils écouté quelques-unes de vos revendications ?


D.C.-P. : Non !  Les élus, à quelques infimes exceptions, nous ont au mieux ignorés et au pire se sont laissé aller à des : «vous feriez mieux d'aller travailler», «de toutes manières le règlement va être voté, donc vous feriez mieux de partir», ou encore «vous n’avez qu’à vous présenter [aux élections départementales N.D.L.R.], Madame !»

Bref, le mépris et les forces de l’ordre, avec un zèle certain, furent nos seuls interlocuteurs !

 

E!F28.net : Après ces décisions quel est l'état d'esprit des personnels dans les services ?

 

D.C.-P. : Ils sont soit écœurés, soit en colère face à des élus qui, pour un certain nombre, méprisent ceux-là même qui sont chargés de mettre en place les politique du Département et de faire face à une désespérance et une paupérisation de la société. Quand les élus ne s’appliquent pas les efforts qu’ils demandent aux agents cela génère indubitablement de la colère !

 

E!F28.net : Les syndicats ont-ils l'intention de participer à des structures paritaires de mise en œuvre des décisions du C.D.?

D.C.-P. : Nous, je parle bien sûr pour la FSU, siégerons à toutes les instances car c'est pour cela que nous ont élus les collègues mais nous savons que, localement comme nationalement, l'émergence de droits nouveaux et la mise en place d'une autre politique dans la gestion des personnels passent par la lutte.

 

E!F28.net : Quel est votre bilan de ces cinq mois de lutte ? Et vos projets ?


D.C.-P. : Localement comme nationalement ce que les dirigeants appellent dialogue social c'est trop souvent un dialogue de sourds où le "cause toujours, tu m'intéresses" est trop présent pour remplacer de véritables échanges. Nous allons donc poursuivre, ici et ailleurs, les luttes pour faire émerger d’autres solutions vers une société plus juste…