ENSEMBLE FORUM 28
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SOLIDARITÉS
Le collectif Eure-
vigilant quant à l’avenir des migrants
du département
Le collectif Eure-
Dans son introduction, Pierre Licout a indiqué que ce collectif1 avait été créé en septembre 2015 au moment où la crise des migrants battait son plein dans la mer Égée, en relation avec le conflit syrien, pour demander aux pouvoirs publics d’organiser en France un accueil digne pour les réfugiés. Le préfet d’E&L avait répondu qu’il n’y en avait pas à accueillir dans ce cadre-
Il a été rappelé que les migrants venaient de pays ravagés par des guerres ou sous des régimes dictatoriaux (Soudan, Erythrée, Afghanistan, Irak, Syrie…) et n’avaient pas choisi de risquer leur vie sans raisons graves.
Aujourd’hui, avec le démantèlement des campements de Calais et de Stalingrad à Paris et l’envoi des migrants dans les CAO2, on pourrait penser que l’attitude de l’État est plus positive. Mais, selon E&L, Terre-
Que vont devenir les exilés « mis à l’abri » dans notre département ?
Le préfet de région, Nacer Meddah, a annoncé une accélération des procédures d’examen des dossiers de demande d’asile qui demanderaient de 2 à 3 mois au lieu de 6. Les inquiétudes du collectif sont vives car à l’issue de ce délai, un grand nombre de personnes risquent d’être déboutées3 et d’être soit renvoyées dans leur pays d’origine avec toutes les conséquences pour leur vie, soit dans le pays de premier accueil en Europe, soit contraintes à la clandestinité dans les conditions que l’on imagine. 
Or, selon Micheline Cognard, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, signée par la République française indique que « toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État et de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » De plus, ce texte qui devrait s’imposer à tous les signataires précise que « devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. » Marie Bourgeois précise que ce droit ne peut en aucun cas être considéré comme un abus puisque… c’est un droit ! Or, selon le Défenseur des Droits lui-
Un traitement souvent indigne
Marie Bourgeois et Michèle Mignot rapportent ainsi des demandes parfois injustifiées par certains services de la Préfecture envers les demandeurs d’un titre de séjour, notamment les mineurs. Les bénévoles du CRSP285 rencontrent un nombre grandissant de personnes ‘’dublinées’’6 (celles qui sont renvoyées dans le premier pays d’accueil), qui, en attendant l’exécution de la mesure, se retrouvent assignées à résidence, au 1157 s’il y a des places, ou à la rue, n'ayant pas droit à l'hébergement en CADA8. En fait, l’insuffisance récurrente de ces structures fait que même des demandeurs d'asile se retrouvent à la rue, ce qui veut dire aussi « pas de suivi, ni psychologique, ni médical, ni juridique. » Et en CADA, s’ils sont déboutés du droit d’asile, les réfugiés sont mis en demeure de le quitter très rapidement.
Micheline Cognard rappelle que, dans le cadre d’une négociation intra-
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1. Composé actuellement de la FSU, l’UNSA, le CRSP, Ensemble!, Alternative et autogestion, du PCF et d’individuels.
2. Centre d’accueil et d’orientation.
3. 27 % seulement, en moyenne, auraient droit à une procédure normale dans le cadre du droit d’asile.
4. Rapport Les droits fondamentaux des étrangers en France (9 Mai 2016). [Voir rapport intégral ici]
5. Collectif pour la Régularisation des Sans-
6. Du nom du règlement européen Dublin III en date du 26 juin 2013.
7. Le 115 est le numéro d’appel du SAMU social notamment en charge de l’hébergement d’urgence.
8. Centre d’accueil de demandeurs d’asile.
La Déclartion de 1948 éditée par Amnesty International