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CASTEL DE MAINTENON


LUXE, CALME … À QUEL PRIX ?

SOCIAL/LUTTES

     Jean-Marc Jacquin de Margerie [1] ne manque pas de références dans l’hôtellerie de luxe, c’est le site internet des Castels-Hôtels [2] qui l’affirme, groupe hôtelier  qui possède en France trois établissements installés sur des sites exceptionnels de châteaux et de résidences du patrimoine. Le Castel de Maintenon, résidence 4 étoiles,  a ouvert en mai 2016 (avec une bonne année de retard) au plus près du Château de Maintenon.


Des travailleurs détachés, des entrepreneurs locaux ulcérés


   Tout irait bien au royaume de l’opulence heureuse si l’hôtelier-promoteur n’avait pas décidé de dépenser moins (sur un coût total estimé à 15 millions d’euros) en faisant trimer des travailleurs bulgares dans le besoin.  En novembre 2014 [3], des entrepreneurs de BTP d’Eure-et-Loir et des artisans s’insurgent contre le choix d’une entreprise bulgare, BULMIX France. C’est une filiale, créée  pour l’occasion selon eux, d’une entreprise bulgare installée à Sofia. Les entrepreneurs d’Eure-et-Loir font état de leurs difficultés économiques dues à la crise de 2008 et amplifiées par la directive européenne sur les travailleurs détachés. Ils sont scandalisés.


Les élus de droite prennent la chose avec… détachement


     Interrogés par le journaliste de l’Echo républicain, tous les élus concernés  (Michel Bellanger, maire de Maintenon,  Albéric de Montgolfier, président du Conseil départemental et sénateur, Luc  Lamirault, président du CODEL, ex-Comité de développement économique d’E et L) se dédouanent  en évoquant la liberté de choix du promoteur privé et la responsabilité des règles européennes dans ce domaine. Le chef de cabinet du Préfet assure que ses services n’ont « rien décelé d’illégal sur ce chantier ». Le fatalisme et le laisser-faire  l’emportent sur le courage politique et cachent un accord sur le fond avec le libéralisme économique. De son côté, le patron bulgare expose le caractère régulier de cette filiale installée en France, et il affirme que ses charges sont identiques à celles que paient des patrons français.

 

    En juin 2016, les salariés bulgares de Bulmix sont en grève : ils ne reçoivent plus de salaires depuis plusieurs mois et n’en peuvent plus. Depuis le début des travaux ils vivent dans le petit hôtel qui fait face aux écuries du Château et au nouvel hôtel  4 étoiles. Le patron de Bulmix ne paie plus les chambres de l’hôtel, la propriétaire se dit ruinée. Cette situation illustre le gâchis social, économique et humain qu’a entraîné la directive européenne sur les travailleurs détachés !


Dans de prochains articles :

- Travailleurs détachés : Une directive contestée depuis 20 ans. Un frémissement aux parlements européen et français.

-   Promesses et subventions. Un système en question.

 

[1] M. de Margerie a été directeur d’hôtels  du groupe Concorde (dont  l’Hôtel Lutétia à Paris). Sa carrière dans les établissements de luxe s’est déroulée en partie à l’étranger : Suisse, Grande-Bretagne notamment.

[2] Site internet : http://www.castelshotels.com/presentation.ph

[3] Voir les pages 2 et 3 de l’Echo Républicain du 12 nov. 2014


Travailleurs détachés au travail un samedi de 2015

Peu d’entreprises locales sur la liste des métiers

Les écuries du château sont aménagées aussi par la Sté de M. de Margerie