Ce communiqué de la LDH résume bien ce qu’ont pu observer celles et ceux qui étaient dimanche à Paris pour manifester leur exigence de décisions historiques lors de la COP 21, pour sauver le climat, c’est-à-dire l’avenir de l’humanité. Etroitement serrés le long du boulevard Voltaire, ces manifestants de l'espèce statique mais parlante et parfois chantante ont, à leur manière, pacifique et néanmoins déterminée, bravé l'interdiction de manifester qu'imposait le ministère de l'Intérieur. Après 45 minutes d'échanges optimistes avec leurs voisins, après l'appel des organisateurs à la dispersion, beaucoup se sont dirigés vers la place de la République. Il était 13h 30. Les premiers arrivés ont vu quelques dizaines de manifestants violents, encagoulés, vêtus de noir, qui  lançaient  des projectiles trouvés sur place vers les CRS. Ils disparurent sans être inquiétés. Par contre les CRS ont encerclé la foule, essentiellement composée d'un groupe du NPA venu manifester contre les interdictions liées à l'Etat d'urgence et de nombreux défenseurs de la cause climatique. Ils ont scindé le groupe de près de 1000 personnes en deux en faisant usage de bombes lacrymogènes et ont commencé à arrêter les «terroristes». Pris dans la nasse, emmenés dans des cars ou maintenus sur la place, pour beaucoup l'attente dura jusqu'à la nuit. Bilan: 317 interpellations. Le lendemain, après leur comparution devant un procureur, la plus grande part fut libérée avec un simple rappel de la loi. Neuf personnes ont été maintenues en garde à vue.

L’intimidation est grossière. Nous ne nions pas que les épouvantables assassinats  du 13 novembre dernier nécessitent de veiller à la sécurité des populations qui vivent en France, à Paris comme ailleurs. Toutefois, il n’est pas concevable que les droits d’expression et d’opinion soient étouffés pour une période indéterminée par l’interdiction de manifester; et manifester ne signifie pas casser. Les forces policières étaient manifestement chargées d’effrayer les militants parmi les plus pacifiques et de décourager les mobilisations sociales à venir. Cela était déjà apparu, peu de temps après le 13 novembre, en particulier par l’assignation à résidence de personnes engagées dans la préparation des différentes actions prévues lors de la COP 21.

Les dangers de l’État d’urgence


Le droit de manifester est compatible avec la  sécurité alors que l’interdiction de manifester impose le silence, donc tue toute contestation visible et audible, elle fait le jeu des ennemis de la démocratie et de la liberté. Le gouvernement peine à justifier ses choix! Les excès et les bavures commencent à être connus. À la suite de la manifestation du 22 novembre à la Bastille, pour l’accueil des migrant-e-s, 58 personnes ont été identifiées et convoquées. Un appel de 58 personnalités répond:

«refusons toute criminalisation des mouvements sociaux. Nous exigeons la levée des interdictions de manifester. Si le gouvernement cherche, au travers des 58 convoqué-e-s à nous intimider, nous 58 signataires appelons à être 5800 puis 58 000. Nous ne cèderons pas sur nos libertés. C'est la meilleure façon de rendre hommage aux victimes, de soutenir ceux et celles qui fuient la misère, Daesh et la guerre, de construire la paix».

 

Quant à la décision de Fr. Hollande de modifier la constitution, le MRAP alerte à son tour:


«L'état d'urgence, "gravé dans le marbre" de la Constitution pour une utilisation illimitée pourrait tomber dans des mains d'un gouvernement dont les objectifs liberticides seraient un danger gravissime pour les droits et libertés, un gouvernement qui n'aurait qu'à utiliser les lois et mécanismes mis en place par ce gouvernement pour imposer son idéologie, réprimer toute opposition démocratique. Le risque est réel de voir le Front National participer à un gouvernement avec une partie de la droite[…] Pour imposer son idéologie et combattre ses adversaires, pour réprimer toute opposition démocratique, le Front National n’aurait qu'à utiliser les lois et la constitution existantes.

Le MRAP appelle tous les citoyens à s'opposer aux dérives actuelles et à en soutenir les victimes, tous les parlementaires à s'opposer fermement à la «constitutionnalisation» de l'état d'urgence».


La Ligue des droits de l’Homme salue le rassemblement pacifique de la société civile organisé à l'occasion de la COP21 qui a eu lieu le dimanche 29 novembre 2015.


La fin d’après-midi, place de la République à Paris, a vu l'interpellation par les forces de l’ordre de plus de trois cents personnes, beaucoup d'entre elles ayant passé vingt-quatre heures en garde à vue. La police, qui semble avoir été incapable de s'opposer aux agissements d'une poignée de casseurs provocateurs, s'est donc retournée contre la foule. Très vite, les CRS ont chargé et lancé des bombes lacrymogènes sur des manifestants encerclés.


Ces incidents témoignent du climat de tension entretenu par la mise en place de l'état d'urgence et de l’utilisation de cette mesure exceptionnelle pour intimider les mobilisations démocratiques.


La LDH rappelle que le droit de manifester est une liberté fondamentale. Partout en France, les citoyennes et citoyens entendent en user pour faire vivre les libertés, la démocratie contre ceux qui l'ont agressée. Il est urgent de les entendre, urgent de lever son interdiction.


Paris, le 1er décembre 2015


LES INTERPELLATIONS ARBITRAIRES, ÇA SUFFIT !

L’expression bridée aussi

en Eure-et-Loir

«sont visés les mouvements sociaux et revendicatifs» dixit le Préfet d’E-&-L

 

Le lundi 23  novembre, la tracto-vélo des militants et soutiens des ZAD, engagées contre les grands projets inutiles et imposés, en particulier l'aéroport de Notre-Dame des Landes et pour la cause du climat, n'était  pas la bienvenue dans notre département. La Préfecture qui affirmait que la traversée du département n'avait pas été déclarée, ce qui était faux, leur refusait encore le passage alors qu'ils approchaient du Mans. Puis un arrêté préfectoral daté du 24 novembre évoquait le risque terroriste, et s'achevait sur une décision visant, non pas à protéger ce groupe de 180 cyclistes et tractoristes «appartenant à la mouvance contestataire radicale et violente» mais à les empêcher de parvenir jusqu'à Paris pour faire connaître leur point de vue aux chefs d'états. C'étaient bien ceux-ci qu'il fallait protéger... des critiques. Pourtant, les étapes précédentes prouvaient que ces militants, certes très engagés, étaient responsables et parfaitement organisés, respectaient les règles de sécurité et cheminaient dans la bonne humeur. Heureusement, le lendemain,  le  cabinet du Préfet finit par accepter leur passage et leur installation à Coulombs, où nous les attendions, aux portes de la région parisienne. interdite elle aussi! Et cette fois ce fut la préfecture des Yvelines qui dut reculer et les zadistes purent fêter leur périple sans faute par un "banquet" citoyen devant le Château de Versailles!

Alternatiba-Chartres avait préparé une marche entre Mainvilliers et la place Billard à Chartres pour le samedi 28, en remplacement de la grande marche parisienne du 29 novembre, avec demande officielle à la préfecture. Cette marche a subi l'interdiction de manifestation nationale de trois jours. Une alternative a été trouvée dans l'urgence: des groupes de 5 ou 6 personnes sont allés à la rencontre des passants pour échanger avec eux sur les enjeux de la COP21.

Subissant de la même façon les conséquences de l‘arrêté préfectoral, la manifestation des hospitaliers de Dreux qui devait se tenir le même jour a été interdite. Par contre, la foire de la St André, les matchs du week-end, la fréquentation des grands centres commerciaux ne semblaient pas poser problème! Il faut dire que le Préfet avait explicité le sens de son arrêté dans l’Écho républicain (25-11-2015 p.6): «visés les mouvements sociaux et/ou revendicatifs à l’exclusion des manifestations sportives, culturelles ou commémoratives»…


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