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Jean-Moulin Appel à la grève 15 décembre 2015.pdf Jean-Moulin Appel à la grève 15 décembre 2015.pdf

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COLLÈGE JEAN-MOULIN :

15 DÉC., LE CONSEIL DÉPARTEMENTAL A VOTÉ LE TRANSFERT DES 6EMES DÈS 2016

 

15 décembre, Conseil départemental. Une bonne trentaine de parents et de personnels du collège Jean-Moulin ainsi que des syndicalistes et les responsables des associations de parents sont venus s’installer dans la salle des délibérations pour écouter les conseiller-e-s débattre du sort qu’ils et elles allaient réserver aux élèves du collège dans les années à venir. Les visages fermés annonçaient l’importance des décisions qui allaient être prises.


Depuis le grand rassemblement du 12 novembre le « Collectif Jean-Moulin » cherche à faire entendre ses arguments et enchaîne les rendez-vous : avec le directeur académique des services de l’EN (DASEN), le préfet, la rectrice, et avec le président du Conseil départemental, Albéric de Montgolfier, lundi  14 décembre. Par contre, la rencontre avec le maire de Chartres n’a pas été honorée, M. Gorges ayant estimé que la délégation avait manqué de politesse en l’attendant… Les syndicats des personnels avaient appelé à une opération Collège mort pour ce mardi.  A midi, le taux de grévistes était de 88,5%, 100% l’après-midi et très peu d’élèves s’étaient rendus au collège.


La situation est présentée par Evelyne Lefèvre (majorité de droite), présidente de la Commission Education. Son exposé propose que les élèves de 6ème ne fassent pas leur rentrée dans cet établissement dès septembre prochain et soient répartis entre 5 collèges, de même que certaines classes de CM2 soient réaffectées. Dans cette optique, les collèges d’accueil seront : Hélène-Boucher, Mathurin Régnier, Victor Hugo à Chartres mais aussi  Soutine à St Prest, et Jean-Monnet à Luisant. Cette répartition se fera dans le respect des conditions d’accueil des établissements, de la domiciliation des enfants et de l’équilibre démographique. L’ouverture d’un nouveau collège est repoussée à la rentrée 2019.


Marie-Pierre Lemaître et à Xavier Roux (divers gauche), se disent « fermement opposés » au déplacement des élèves de sixième et soutiennent la demande des parents. Ils insistent sur quelques arguments des familles : celui de la séparation des fratries, l’importance de la liaison entre l’école d’origine et le collège, qui se fait sur une longue période dans l’intérêt des futurs 6èmes. M-Pierre Lemaître évoque le parcours scolaire des élèves qui risque de les amener à étudier dans deux ou trois collèges  différents et ajoute que dans des classes surchargées, les élèves les plus fragiles seraient en difficulté. Il lui est répondu que la capacité des collèges sera suffisante au regard de la démographie, sur une période de deux ou trois ans.


Karine Dorange, à la fois conseillère départementale et adjointe au maire de Chartres, insiste sur le fait que l’Etat, par l’intermédiaire du préfet, lors du Comité départemental de l’EN (CDEN) avait validé le projet avant de changer de position.


Au cours du rapide débat quelques élu-e-s abordent le sujet de la mixité sociale (qui est un objectif pédagogique permanent au Collège Jean-Moulin) mais sans en définir les conditions. Elisabeth  Fromont, elle aussi adjointe au maire de Chartres, affirme que c’est la ville qui, par sa politique de construction, décide de la mixité sociale. Elle oublie l’importance du travail de longue haleine nécessaire dans le cadre des enseignements.


A plusieurs reprises, est évoqué l’ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l’Education, anciennement IUFM) qui pourrait devenir le futur collège Jean-Moulin, au prix d’un déplacement de l’ESPE vers le Pôle universitaire.

Par contre, un sujet fut le grand absent de cet échange : les raisons pour lesquelles il y aurait urgence à  fermer définitivement ce collège. Comme si tout le monde était acquis à l’idée que l’avenir du groupement d’entreprises de la Cosmetic Valley dépendait de l’évacuation de ce modeste établissement. Alors que la clarté n’a pas été faite sur l’origine exacte de la demande : la Mairie de Chartres, propriétaire du bâtiment, ou la Cosmetic Valley qui ne pourrait plus attendre une belle vitrine destinée à la promotion de ses produits?


Il semble que le Conseil départemental et l’Education nationale aient du mal à maîtriser la complexité de cette situation : une demande urgente jusqu’ici non justifiée, pour un lieu historique recherché impose de reloger 430 adolescents dans un immeuble à rénover - quoique non encore officiellement désigné - entraînant le déménagement des élèves enseignants dans un autre lieu non adapté.  Une preuve du malaise n’est-il pas le recul du Conseil départemental devant la détermination du Collectif Jean-Moulin et le soutien qu’il reçoit de la population chartraine ? Il y a six semaines le collège devait fermer définitivement en juin 2016 et tous les élèves être répartis entre six ou sept collèges, en attendant l’ouverture d’un nouvel établissement en 2018. On en est au déplacement des 6èmes en 2016 et à un déménagement… reculé à 2019 !


Finalement, le projet est adopté par 28 voix contre 2. L’assistance quitte la salle, silencieuse et grave.



L’action va se poursuivre,

Dans le hall, un premier bilan est tiré par les parents et des responsables syndicaux de la FSU, du SGEN-CFDT et de l’UNSA. Ils font valoir le vague du projet et ses contradictions. Une mère d’élève exprime sa colère, estimant que le Conseil départemental n’a pas le droit de s’opposer à la règlementation rappelée par la rectrice de l’académie.

Une réunion se tient dans la foulée au collège Jean-Moulin. Pierre Licout, de la FSU, note : « les mêmes arguments nous ont été répétés, bien que nous ayons montré leur faiblesse ». A la prétendue vétusté des locaux actuels évoquée en introduction et la veille par le président de Montgolfier, le syndicaliste répond que la commission de sécurité a toujours donné un avis favorable à l'utilisation des locaux actuels du collège.  L’argument principal avancé par la mairie et repris par le Conseil départemental est évidemment  l’ « urgence »  affirmée de libérer les lieux pour la Silicon Valley* et pourtant  il ne semble pas y avoir de projet abouti.  C'est pourquoi le collectif a décidé d'aller rencontrer la direction du groupe d’industriels pour obtenir des précisions et  « poursuivra son combat contre la fermeture du collège et pour son transfert effectif vers un nouveau site avec toute-s ses élèves et toute-s ses personnels ».

 La FSU a appelé Mme le recteur à ce sujet. « Surpris du vote du conseil départemental, le recteur, par l'intermédiaire de l'IA, nous a indiqué vouloir saisir le préfet sur cette question afin de faire respecter les prérogatives de l'Etat. L'affectation des élèves dans les établissements est en effet de la compétence de l'Education Nationale, même si la sectorisation est dessinée par le Conseil Départemental pour les collèges. »
Le prochain Conseil départemental de l’Education nationale donnera son avis fin janvier 2016.

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*La Cosmetic Valley est un réseau d’entreprises de notoriété internationale regroupant 2500 salariés sur les sites de grandes marques cotées en bourse. Les entreprises bénéficient d’importantes aides financières de Chartres Métropole, du département, de la région et de l’état.