ENSEMBLE FORUM 28

ENSEMBLE FORUM 28

ACCUEIL POLITIQUE/CITOYENNETÉ SOCIAL/LUTTES ÉCOLOGIE SOLIDARITÉS MONDE RÉTROVISEUR ENSEMBLE! AILLEURS SUR LES SITES CULTURE(S) AGENDA

SOCIAL/LUTTES

Cette loi libérale écrit l'histoire à l'envers


M. HOLLANDE, RETIREZ LA LOI TRAVAIL !


Reculer… pour mieux passer


     Après les manifestations du 9 mars, le gouvernement a apporté des modifications au projet de loi El Khomri mais sans toucher aux principes généraux qui le sous-tendent. Le responsable de la CFDT, Laurent Berger, a eu beau affirmer : « la philosophie de la loi Travail a changé, le nouveau texte peut être porteur de progrès », il n’a pas convaincu l’intersyndicale (CGT-FO-FSU, Solidaires, lycéens de l’UNL, étudiants de l’UNEF) et il n’a pas empêché de nombreux salariés, chômeurs, jeunes et retraités de rejoindre le mouvement le 17 et surtout le 31 mars.


     Il est bon de se souvenir que, si le texte a été aménagé concernant le travail des apprentis ou le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, il n’en reste pas moins que ses auteurs n’ont pas hésité à imaginer que des apprentis de 15-16 ans puissent travailler jusqu’à 10 heures par jour sur simple décision de l’employeur. Ils n’ont pas frémi non plus à l’idée d’abaisser fortement l’indemnisation due aux salariés jetés à la rue sans motif valable de l’entreprise et de faire dépendre cette indemnité d’un barème lié à l’âge et non à l’expérience professionnelle, ni au préjudice subi. Au diable les juges dont le rôle est d’apprécier ce préjudice. Dans le texte remanié le barème sera simplement indicatif, affirme suavement la Ministre du Travail, chacun sait que les juges prud’homaux seront tentés, ou contraints, de ne pas trop s’éloigner de ce barème.

Vous avez dit flexibiliser ?


     Les professions changent, nous répète en boucle le discours officiel, les formes nouvelles de travail s’imposent, les robots nous guettent. Adaptons-nous à ces contraintes incontournables dans un monde ultra-concurrentiel.

    

     Les structures libérales et les machines s’imposent aux salariés et non l’inverse ! Après avoir obtenu 41 milliards de CICE, 11 milliards de baisse de cotisations sociales sans condition, puis la suppression des cotisations familiales payables par les employeurs, le MEDEF martèle que licencier coûte trop cher ce qui explique le manque d’embauche. Voilà le discours dominant. [Un prochain article reviendra sur les vraies causes du chômage en France]


     Pour le gouvernement aussi, pour renforcer la compétitivité des entreprises il faut flexibiliser l’emploi : en modifiant l’horaire de travail, en abaissant les salaires, en ne distinguant plus systématiquement temps d’astreinte et temps de repos, en facilitant la « modulation » du temps de travail sans accord collectif. Tout cela est dans le projet de loi. Le credo étant que licencier plus facilement permettra d’embaucher dans la joie !


     Le texte introduit  de nouveaux critères pour justifier les licenciements comme la «baisse des commandes ou du chiffre d’affaires » ou la préparation à une cession de l’entreprise à un repreneur qui ne souhaite pas réembaucher tout le personnel. Le CDI, comme le CDD, va s’en trouver précarisé en devenant jetable. Les jeunes seront facilement licenciables pour une indemnité modique. Les femmes, touchées par les temps partiels et des salaires inférieurs de 25% à ceux des hommes, seront une fois de plus victimes de l’épidémie de flexibilisation qui risque d’atteindre le pays.

La tête de la manifestation de Chartres, le 31 mars

Voir et télécharger les affiches des étudiants en Arts plastiques de Pa ris I

L’inversion des normes, c’est-à-dire ?


     L’inversion des normes est  un outil indispensable pour le capitalisme libéral. C’est le pilier central de cette loi. Dans le code actuel, la loi est protectrice puisque les accords de niveaux inférieurs ne peuvent pas être plus défavorables que la  loi pour les salariés.


     Le Code du travail, datant de 1910 et amélioré par les luttes courageuses des travailleurs, est la conséquence de la reconnaissance du lien de subordination existant entre le salarié et l’employeur.


     Des régressions ont déjà marqué le Code du Travail actuel. Dans le projet concocté par la ministre et piloté par M. Valls, à partir du rapport Badinter, la priorité est donnée aux accords d’entreprises et non plus à la loi.


 Des accords d’entreprises, et des référendums, c’est le top !


     L’objectif de cette décentralisation du droit du travail au niveau des entreprises et des branches est de permettre des pressions locales, du chantage à l’emploi que les salariés redoutent souvent. Pourront être négociés le temps de travail (à la baisse ou à la hausse), le coût de l’heure supplémentaire, les modulations horaires, les conditions de travail.


     Et, l’arme fatale c’est le référendum d’entreprise : si les syndicats majoritaires des salariés s’opposent au projet de la direction, il sera possible aux syndicats minoritaires, représentant au moins 30% des salariés, de demander un référendum. C’est une mesure scandaleuse qui délégitimera  les syndicats et et qui a pour but de diviser les travailleurs. On peut se reporter aux cas actuels de SMART et de la FNAC, au combat des employés du commerce contre le travail de soirée ou du dimanche.


     Ce projet de loi veut dynamiter le droit du travail, au mépris de la peine pourtant bien peu récompensée de tous les salariés. Que nous travaillions dans le privé ou dans la fonction publique (car les attaques y  ont commencé et se poursuivront en suivant le modèle le plus libéral), que nous soyons actuellement sans emploi ou à temps partiel, jeunes en formation ou anciens salariés,  unissons nos forces pour refuser ce projet inique et indigne. Réunissons des forums pour débattre des solutions alternatives qui  permettront de renforcer les protections du Code du travail de manière à placer l’être humain au centre d’une société allant vers la justice et l’émancipation.

Dessin emprunté au site https://resistanceinventerre.wordpress.com/


ENSEMBLE!-28

Faites circuler et signez la pétition


" Député.e.s de gauche et écologistes,

Refusez la loi El Khomri"


initiée par la Fondation Copernic, en suivant ce lien.
i

Nous n'avons qu'une seule force, la force de notre nombre.