ENSEMBLE FORUM 28
ENSEMBLE FORUM 28
SOCIAL/LUTTES
Cette loi libérale écrit l'histoire à l'envers
M. HOLLANDE, RETIREZ LA LOI TRAVAIL !
Reculer… pour mieux passer
Après les manifestations du 9 mars, le gouvernement a apporté des modifications au projet de loi El Khomri mais sans toucher aux principes généraux qui le sous-
Il est bon de se souvenir que, si le texte a été aménagé concernant le travail des apprentis ou le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, il n’en reste pas moins que ses auteurs n’ont pas hésité à imaginer que des apprentis de 15-
Vous avez dit flexibiliser ?
Les professions changent, nous répète en boucle le discours officiel, les formes nouvelles de travail s’imposent, les robots nous guettent. Adaptons-
Les structures libérales et les machines s’imposent aux salariés et non l’inverse ! Après avoir obtenu 41 milliards de CICE, 11 milliards de baisse de cotisations sociales sans condition, puis la suppression des cotisations familiales payables par les employeurs, le MEDEF martèle que licencier coûte trop cher ce qui explique le manque d’embauche. Voilà le discours dominant. [Un prochain article reviendra sur les vraies causes du chômage en France]
Pour le gouvernement aussi, pour renforcer la compétitivité des entreprises il faut flexibiliser l’emploi : en modifiant l’horaire de travail, en abaissant les salaires, en ne distinguant plus systématiquement temps d’astreinte et temps de repos, en facilitant la « modulation » du temps de travail sans accord collectif. Tout cela est dans le projet de loi. Le credo étant que licencier plus facilement permettra d’embaucher dans la joie !
Le texte introduit de nouveaux critères pour justifier les licenciements comme la «baisse des commandes ou du chiffre d’affaires » ou la préparation à une cession de l’entreprise à un repreneur qui ne souhaite pas réembaucher tout le personnel. Le CDI, comme le CDD, va s’en trouver précarisé en devenant jetable. Les jeunes seront facilement licenciables pour une indemnité modique. Les femmes, touchées par les temps partiels et des salaires inférieurs de 25% à ceux des hommes, seront une fois de plus victimes de l’épidémie de flexibilisation qui risque d’atteindre le pays.
L’inversion des normes, c’est-
L’inversion des normes est un outil indispensable pour le capitalisme libéral. C’est le pilier central de cette loi. Dans le code actuel, la loi est protectrice puisque les accords de niveaux inférieurs ne peuvent pas être plus défavorables que la loi pour les salariés.
Le Code du travail, datant de 1910 et amélioré par les luttes courageuses des travailleurs, est la conséquence de la reconnaissance du lien de subordination existant entre le salarié et l’employeur.
Des régressions ont déjà marqué le Code du Travail actuel. Dans le projet concocté par la ministre et piloté par M. Valls, à partir du rapport Badinter, la priorité est donnée aux accords d’entreprises et non plus à la loi.
Des accords d’entreprises, et des référendums, c’est le top !
L’objectif de cette décentralisation du droit du travail au niveau des entreprises et des branches est de permettre des pressions locales, du chantage à l’emploi que les salariés redoutent souvent. Pourront être négociés le temps de travail (à la baisse ou à la hausse), le coût de l’heure supplémentaire, les modulations horaires, les conditions de travail.
Et, l’arme fatale c’est le référendum d’entreprise : si les syndicats majoritaires des salariés s’opposent au projet de la direction, il sera possible aux syndicats minoritaires, représentant au moins 30% des salariés, de demander un référendum. C’est une mesure scandaleuse qui délégitimera les syndicats et et qui a pour but de diviser les travailleurs. On peut se reporter aux cas actuels de SMART et de la FNAC, au combat des employés du commerce contre le travail de soirée ou du dimanche.
Ce projet de loi veut dynamiter le droit du travail, au mépris de la peine pourtant bien peu récompensée de tous les salariés. Que nous travaillions dans le privé ou dans la fonction publique (car les attaques y ont commencé et se poursuivront en suivant le modèle le plus libéral), que nous soyons actuellement sans emploi ou à temps partiel, jeunes en formation ou anciens salariés, unissons nos forces pour refuser ce projet inique et indigne. Réunissons des forums pour débattre des solutions alternatives qui permettront de renforcer les protections du Code du travail de manière à placer l’être humain au centre d’une société allant vers la justice et l’émancipation.
ENSEMBLE!-